CAMPAGNE ANR 2008
« La création : acteurs, objets, contextes »
— Projet « ARTEPHYS »
Situé sur un axe de recherche associant résolument Arts / Esthétiques / Sciences, dont les acteurs du projet ont déjà une expérience commune, ARTEPHYS se propose d’étudier les processus créateurs de façon comparative et au plus près de l’élaboration conjointe d’œuvres artistiques. Le CERAP (Centre d’études et de recherches en arts plastiques), EA 2479 de l’Université Paris 1, porteur du projet, fédérera sous la responsabilité de son directeur le Pr. Richard Conte, six initiatives de collaboration entre des artistes-chercheurs et des géophysiciens qui concevront ensemble des œuvres en démontant simultanément le « comment » de la survenue de ces œuvres. Ces six cellules de recherche et de création bénéficieront des compétences scientifiques de l’IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris) sous la responsabilité du Pr. Vincent Courtillot (Dir.) et du Pr. Alain Bonneville (Dir. Adjoint).
L’objectif est de comprendre très concrètement quelles sont les similitudes et les différences sur les plans méthodologique, heuristique, poïétique et conceptuel, entre un géophysicien et un artiste ? Il ne s’agit pas d’une comparaison générale des relations entre les « arts » et les « sciences » mais de l’étude des pratiques d’instauration d’œuvres entre l’art contemporain le plus ouvert sur le monde actuel et les travaux les plus ambitieux et rigoureux des sciences de la Terre (sismologie, magnétisme, géosciences marines, volcanologie, etc.).
Le CERAP sera associé au LETA (Laboratoire d’Esthétique théorique et appliquée) EA 2478 de l’université Paris 1, dirigé par le Pr Marc Jimenez, pour penser avec le concours de géophysiciens les modes de théorisation, notions, modèles et concepts à mettre en évidence à partir de ces collaborations entre artistes et géophysiciens. Les études poïétiques ont, depuis de nombreuses années, avancé dans ces domaines ( cf. Les noces du nombre et de l’image, L’IRM ou L’art contemporain au risque du clonage).
Le CERAP et le LETA développent depuis trois ans un projet d’établissement intitulé « Création et prospective » avec déjà la participation de physiciens, de neurologues et de biologistes, mais c’est la première fois qu’un programme aussi long et aussi ambitieux sera consacré à la coopération d’acteurs apparemment éloignés par leur formation, leurs méthodes, leurs habitudes et leurs résultats : artistes et géophysiciens. Ici le rôle de la Poïétique et de l’Esthétique consistera à développer des « interconcepts », au sens de Bachelard, et à les frotter à l’expérience créative et réflexive des différents partenaires. On retiendra par exemple les notions d’acte, d’œuvre, de pratique, mais aussi de modèle, de causalité, d’émergence, de forme et de complexité.
In a line of research that firmly associates Arts / Aesthetics / Science and whose actors have a previous common experience, ARTEPHYS intends to study the creative processes in a comparative way but also in a manner that is close to the joint elaboration of works of art. The CERAP (Visual Arts Study and Research Centre), EA 2479 of Paris 1 University, in charge of the project, will federate, under the responsibility of its head, Pr. Richard Conte, six initiatives for a collaboration between research artists and geophysicists who will together conceive works by simultaneously dismantling the “how” of the appearance of these works. These six research and creation poles of activity will benefit from the scientific abilities and the installations of the IPGP (Physics Institute of the Paris Globe) under the responsability of Pr. Vincent Courtillot (Head of) and Pr. Alain Bonneville (Deputy Head).
The objective is to understand in a very concrete way the similarities and the differences not a matter of making a general comparison of the relations between Art and Science but of studying the institution of works between Contemporary Art that is open to the current between a geophysicist and an artist from methodoligical, heuristic, poietic and conceptual points of view. It is world and the most rigourous and ambitious works of Geosciences (oceanography, plate tectonics, volcanology, etc).
The CERAP will be involved with the LETA (Aesthetics Laboratory) EA 2478 of Paris 1 University, under the responsibility of its head, Pr Marc Jimenez, and will refer to the help of geophysicists to think the forms of theorization, notions, models and concepts that need to be highlighted as an outcome of the collaborations between artists and geophysicist. The poietic studies have been progressing in these fields for some time (cf. Les noces du nombre et de l’image, l’IRM or L’art contemporain au risque du clonage). The CERAP and the LETA have been developing an establishment project over the past three years entitled “Création et prospective” with the help of physicists, neurologists and biologists, but it is the first time that such a long and ambitious program will be dedicated to the cooperation of actors whose education, methods, habits and results differ widely: artists and geophysicists. In this case, the parts played by the Poietic and Aesthetics will consist in developing “interconcepts” in the Bachelard sense, and to rub them against different partner’s creative and reflexive experience. What will be retained, for example, are the notions of act, work, practice but also of model, causality, emergence, shape and complexity.
UN PROJET INNOVANT ESTHÉTIQUE/ARTS PLASTIQUES
— Création et prospective I
1 — L'art et le défi technoscientique — Projet conçu par Marc Jimenez (LETA-CRE)
2 — La création à l'épreuve des risques majeurs — Projet conçu par Richard Conte (CERAP)
Dans le cadre de sa politique scientifique, le Conseil scientifique de l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) a délivré, en mars 2007, un avis favorable au projet suivant :
Projet présenté conjointement par le Laboratoire d’Esthétique théorique et appliquée (LETA-CRE) et le Centre d’Etudes et de Recherches en Arts plastiques (CERAP) " 2007-2008
Deux équipes et leurs deux responsables s’engagent au sein de la même université à co-organiser un programme qui se veut ambitieux à plusieurs titres. Les différentes actions prévues en 2008 dans le projet global (colloques, expositions, production de films, publications) exploreront et s’appuieront sur les relations entre les pratiques artistiques, la réflexion philosophique et le développement des technosciences. Ce programme comporte deux facettes : d’une part le défi que constitue le développement inédit des technosciences et leurs applications, notamment dans le domaine artistique, et d’autre part les positions de l’artiste, du philosophe et du savant face aux périls majeurs qui menacent la planète dans son ensemble.
Par la fiction, l’expérimentation aléatoire, les modélisations utopiques voire « uchroniques », un grand nombre d’artistes contemporains travaillent dans des domaines recoupant ceux des scientifiques. Mais, si les figures de l’avenir s’avèrent inépuisables, les prévisions et surtout les faits se révèlent sur plusieurs plans de plus en plus alarmants. La notion de risque majeur a pris un sens intégral et concerne aujourd’hui, à travers la « globalisation », le devenir même de la planète. Les domaines concernés, entre autres, sont les biotechnologies et la génétique, les nanotechnologies et l’écologie.
L’équipe du CERAP va confronter différentes démarches artistiques à la notion de « risque majeur ». Par exemple, le collectif Art Orienté objet (Marion Laval-Jeantet, Benoît Mangin), dont le travail de plasticiens résulte de l’immersion dans des expérimentations sur les biotechnologies ou les rituels chamaniques, propose un projet d’exploration et de témoignage sur la disparition annoncée des « forêts primaires » au Gabon.
L’équipe du LETA-CRE va étudier les façons dont certains artistes actuels s’approprient les techniques de pointe afin de réaliser des travaux auxquels ils assignent une finalité artistique, notamment dans le domaine de la biologie, qu’il s’agisse de la culture de tissus, de la transgenèse, de l’hybridation végétale ou animale, ou bien de la synthèse de séquence ADN artificielle. La nature de ces relations entre art et technosciences sera analysée. Des questions d’ordre éthique, politique et esthétique seront débattues, notamment celle, souvent abordée de façon trop superficielle, de savoir si l’artiste utilisant les techniques avancées est de ce fait inféodé au système ayant permis à ces techniques de se développer. La collaboration entre art et technosciences est-elle avant tout une relation de production, si visionnaire soit-elle, ou d’abord une relation critique initiée par des créateurs soucieux d’utiliser les techniques de leur époque ?
Les débats autour de ces problématiques ont à l’évidence une dimension internationale, même s’ils sont abordés diversement selon les cultures. Pour cette raison, le LETA-CRE cherche à les ouvrir à des partenaires internationaux.
Partenaires déjà associés à ce projet : L’École Normale Supérieure Ulm, Paris (Groupe transdisciplinaire Histoire Philosophie Sciences. Dirigé par le Professeur Claude Debru.) ; l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou, Paris (interlocuteur : Bernard Stiegler, directeur du département du développement culturel) ; l’Observatoire de la Génétique de Montréal (interlocuteur : Thierry Hurlimann, spécialiste en bioéthique et juriste) ; la mission interdisciplinaire de l’Université Paris V (dirigée par le Professeur Armelle Debru-Poncet, sous l’autorité du Professeur Didier Sicard, Président du Comité consultatif national d’éthique) ; le groupe de recherche sur les biotechnologies de l’Université Paris VII ; le Palais de Tokyo, Paris, en tant qu’espace d’expositions, d’expérimentation et de colloque (directeur Marc-Olivier Walher) ; le Musée de Brunoy (dirigé par Anne Laure Sinclair, label Musée de France), en tant qu’espace d’exposition ; les éditions Klincksieck/Les Belles Lettres, Paris, pour les publications.
Ainsi que des personnalités individuelles comme, entre autres le collectif d’artistes Art Orienté objet (Marion Laval-Jeantet, Benoît Mangin) et Jens Hauser, commissaire d’expositions et écrivain, qui a notamment organisé l’exposition "L'Art Biotech" au Lieu Unique, Nantes, en 2003.